Le temps des cerises

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« J’aimerai toujours le temps des cerises et le souvenir que je garde au cœur… » Et le souvenir que je garde, ce sont les fameux Kersa Pfannakiachla de ma mère qui tient la recette de sa mère, etc…  À la question : dis, m’man, tu me donnes la recette de tes crêpes aux cerises ? La réponse est bien sundgauvienne : yo, tu prends des œufs, du lait et de la farine et bien sûr, des cerises, und hopla, c’est pas compliqué !

Donc, on va faire un peu plus « académique » et je vais vous expliquer en détail, cette recette.

Premièrement, il faut vraiment attendre le temps des cerises (quand les branches des cerisiers de la région ploient sous le poids des cerises). Il faut savourer cette recette pendant une période bien précise et non pas, comme on le fait aujourd’hui, à n’importe quelle saison. Quelle hérésie de manger par exemple des fraises en février ou mars. Qui ne s’est jamais laissé tenter par ces barquettes de fraises… celles qui ont ce goût inimitable de pommes bien vertes, à l’odeur comme à la « dégustation ».

Et le temps des cerises, c’est aussi le temps où les grands vont les cueillir en haut de l’arbre, le panier (s’Grattla) bien accroché à la taille avec une ceinture. Et nous, les petiots, se mettant sur la pointe des pieds et sautant pour attraper les branches basses et cueillir les cerises moins noires que celles du haut. Et interdiction de casser les branches ! J’entends encore la voix de grand’maman : « Faut les cueillir avec les queues, elles se garderont un peu plus longtemps et les queues de cerises séchées, c’est bon en tisane pour nettoyer le sang ! » Cela me fait penser à la fameuse blague … non, non, je ne vous la raconterai pas ici …

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Voici la recette des crêpes aux cerises (Kersa Pfannakiachla)

Ingrédients :
des cerises noires équeutées (1 kilo)
5 œufs
1 cuillerée de sucre fin
1 dl de lait
200 g de farine + 1/2 paquet de levure chimique

Réservez 3 blancs d’œuf des cinq, ces 3 blancs seront battus en neige très ferme.
Les 2 œufs + 3 jaunes restants seront battus ensemble + 1 cuillerée de sucre fin (sucre semoule).
Rajoutez petit à petit, avec le batteur, la farine à laquelle vous avez ajouté la levure chimique.
Alternez ajout de farine et ajout de lait.
La pâte doit devenir « juste comme il faut », c’est-à-dire ni trop ferme, ni trop coulante. Si vous constatez que votre pâte est trop ferme, rajoutez un peu de lait. Et inversement, rajoutez un peu de farine (on dirait presque une recette normande…)
En dernier, vous rajouterez délicatement les 3 blancs battus en neige, puis les cerises.

Dans un poêle huilée, versez l’équivalent d’une bonne louche de pâte avec les cerises. La crêpe ne doit pas être trop grande, sinon vous aurez du mal à la retourner ! Faites-la cuire à feu doux plusieurs minutes. Surveillez la cuisson puis retournez-la pour la laisser dorer sur l’autre côté. Vérifiez qu’elle soit bien cuite à l’intérieur.
– Pour la retourner, ne la faites pas sauter comme une crêpe ordinaire, mais procédez « délicatement » ou versez-la sur un plat pour la retourner.

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Quand la crêpe est cuite, réservez-la sur une assiette et saupoudrez-la de sucre semoule.
Les quantités indiquées vous donneront 5 à 6 crêpes qui nourriront 3 à 4 affamés !

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Les Kersa Pfannakiachla sundgauviennes se mangent en repas et non en dessert ! Et pour être vraiment sundgauvien, il faudra les manger EN MÊME TEMPS qu’une bonne soupe aux légumes.

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Pour les gourmands et les nostalgiques, je vous ajoute la recette du mendiant (Battelmann).

15 biscottes
4 dl de lait bouillant
150g de sucre
1 sachet de sucre vanillé
2 cuillerées à soupe de schnaps
1 cuillerée à café de cannelle
4 œufs (séparés)
125g d’amandes moulues (ou de noix)
1 kg de cerises noires

Bien écraser et mélanger les biscottes avec le lait bouillant. Ajouter le sucre, le sucre vanillé, le schnaps (indispensable !), la cannelle, les jaunes d’œufs, les amandes et les cerises.
Ajouter délicatement les blancs d’œufs battus en neige très ferme.
Beurrer un moule ou un grand plat à gratin et saupoudrer de chapelure faite avec 1 ou 2 biscottes écrasées au rouleau à pâtisserie.
Remplir le moule avec la préparation, parsemer de chapelure, d’un peu de cannelle et de quelques flocons de beurre.
Enfourner. Vérifier la cuisson à l’aide d’un couteau qui doit ressortir propre.
Cuisson : 1 heure
Four : Th. 7 / 220°

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Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur

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