Saint-Léger, village disparu

La tradition populaire raconte de nombreuses histoires concernant le village disparu de Saint-Léger. A 3 km à l’ouest de Hirtzbach, une petite chapelle rappelle le village disparu de Sankt Gluckern.

D’après une légende peu connue, on peut apercevoir une procession nocturne près de la chapelle. Une autre légende raconte qu’on peut entendre sonner, à l’emplacement du village disparu, les clochettes d’un troupeau invisible. De nombreux villageois racontent aussi qu’ils « sentent comme un malaise » lorsqu’ils se promènent aux abords de la chapelle.

 

Origine du nom
Léger vient de Leodegar qui, en allemand, se dit Liggert, transformé et déformé en Lutzer, ou Glückheit, Glückern et, en dialecte, « Glicker » d’où le nom donné à la chapelle par les habitants de Hirtzbach, Glückerkirche ou Glickerikirch.
Gluckerwald et Gluckerberg, lieux-dits voisins de la chapelle tirent leurs noms de la même origine.

 

Un peu d’histoire
Le nom de Saint-Léger apparaît pour la première fois dans les textes au 12e siècle, sous la dénomination « S. Lütgeri », dans un nécrologe de Bâle. En 1188, Louis 1er, comte de Ferrette, donne au monastère d’Oelenberg une terre sise à Saint-Léger. Deux autres mentions, en 1232 et 1354, citent expressément l’existence d’un village, comprenant deux cours domaniales, l’Oberhof appartenant au couvent de l’Oelenberg et le Niederhof, au prieuré de Saint-Ulrich. Les deux cours passèrent aux Jésuites en 1626.
Le village avait une église dont la paroisse est citée dès 1257, date à laquelle l’évêque de Bâle, Berthold de Ferrette, charge le couvent d’Oelenberg d’y assurer le service religieux.

 

Disparition du village
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Le village est déserté en grande partie sans doute après le passage dévastateur des « Engländer », mercenaires désœuvrés de la Guerre de Cent Ans, en 1376. L’église survécut au désastre et resta le siège d’un vicariat.

D’après la tradition populaire, le village de St. Glückern (Saint-Léger) disparut lors de la guerre de 100 ans et seuls trois habitants du village survécurent. L’un d’eux se retira à Hirtzbach, le deuxième à Carspach, le troisième à Altkirch. On raconte aussi que, lorsque le dernier habitant de Saint-Léger était à l’article de la mort, les gens de Carspach ont voulu le chercher pour qu’il meure à Carspach. Ils espéraient ainsi avoir droit aux terres de St. Glückern.

Le ban de Saint-Léger devient l’objet de nombreux conflits entre ces trois villages. Finalement, les terres furent attribuées à Hirtzbach, au 18e siècle. La forêt resta propriété indivise de Hirtzbach et d’Altkirch jusqu’au règlement par procès en 1825.

 

La chapelle de Saint-Léger
La petite église dédiée à saint Léger avait survécu à la destruction des habitations, mais abandonnée peu à peu, elle tomba en ruines. En 1833, on démolit la nef. L’ancien chœur devint la chapelle Saint-Léger. Celle-ci fut, à son tour, détruite pendant la première guerre mondiale.
Après 1918, l’actuelle chapelle fut construite sur les fondations de l’ancienne dont il ne subsiste que la croix du clocher.

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Précisons encore qu’à proximité de la chapelle ont été trouvées des poteries, peut-être romaines, et que des fouilles entreprises en 1865 à l’emplacement du village disparu ont permis de mettre à jour l’entrée de l’ancienne église et des tombes de 2m sur 1m contenant des squelettes.

fleche En savoir plus : http://www.hirtzbach.fr/Commune/Hirtzbach-et-son-histoire/La-Chapelle-Saint-Leger

Sources :
Site perso : http://hirtzbach.free.fr/histoire/leger.htm
Hirtzbach, village du Sundgau (Brochure réalisée par Hirtzbach)
Article du journal L’Alsace du 24 novembre 1977

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