La grande guerre (1914-1918)

Le 11 novembre 1918, à 11 heures, toutes les cloches de France sonnent à la volée. L’arrêt des combats a été conclu le matin entre les Alliés et l’Allemagne. Cette guerre laisse derrière elle 8 millions de morts et 6 millions de mutilés.

Les survivants veulent croire que cette guerre effroyable qui enfin s’achève restera la dernière de l’Histoire, la « der des der ».

Les deux provinces, l’Alsace et la Lorraine, ayant été annexées à l’Empire germanique après la guerre de 1870 (voir l’article « La guerre de 1870 dans le Sundgau »), notre région était donc allemande en 1914. L’espoir de redevenir français était évidemment dans les cœurs des Alsaciens, mais il fallut attendre 4 longues et douloureuses années.

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Le déclenchement du conflit

Il suffit souvent d’une étincelle pour déclencher un cataclysme. L’étincelle qui déclencha la première guerre mondiale était l’assassinat, le 28 juin 1914, à Sarajevo, de François-Ferdinand, l’héritier de l’Empire austro-hongrois, et de son épouse Sophie, par Princip, un étudiant serbe en lutte contre l’occupation autrichienne.

Et voici le prétexte que vont utiliser quelques semaines plus tard les grandes puissances européennes pour entre-dévorer.

Chronologie

– Le 5 juillet 1914, l’empereur allemand Guillaume II assure l’Autriche-Hongrie de son soutien en cas de conflit avec la Serbie. C’est le début de la course à la Grande Guerre.

– Le 23 juillet, Vienne exige de Belgrade l’engagement public de ne plus soutenir les menées terroristes et souhaite que des fonctionnaires austro-hongrois participent à l’enquête de l’assassinat. Le gouvernement serbe se dispose à accepter ces conditions quand le tsar de Russie s’immisce dans le différent. Sur son intervention, Belgrade rejette l’ultimatum de Vienne.

– Le 28 juillet, l’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie.

– Le 31 juillet, Jean Jaurès est tué d’un coup de révolver dans un café, à Paris. L’assassin du leader socialiste est un déséquilibré de 29 ans, du nom de Raoul Villain, qui lui reproche (à tort) d’être opposé à la mobilisation générale et à la guerre imminente contre l’Allemagne. (Villain sera plus tard acquitté de son crime).

– Le 1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie (le tsar Nicolas II est le cousin de l’empereur allemand Guillaume II). A 4 heures de l’après-midi, tous les clochers de France font entendre un sinistre tocsin. C’est la mobilisation générale.

– Le dimanche 2 août, à Joncherey, sur le territoire de Belfort, le caporal français Jules Peugeot, du 44e RI, et le sous-lieutenant allemand Albert Mayer, du 5e régiment de chasseurs à cheval basé à Mulhouse, échangent des coups de feu. Ils tombent l’un et l’autre avant même la déclaration de guerre.

– Le 3 août 1914, l’Allemagne de Guillaume II, déjà en guerre depuis 2 jours avec la Russie, déclare la guerre à la France et à la Serbie. Elle envahit le 4 août la Belgique. La Grande-Bretagne, à son tour, déclare le lendemain la guerre à l’Allemagne au motif que celle-ci a violé la neutralité de la Belgique.

Par le jeu des alliances, de nombreux autres pays entreront à leur tour dans le conflit.

C’est la première guerre mondiale !

guerre-14-18-carte(Cliquez sur la carte pour l’agrandir)

La fin de la guerre

L’armistice est signé dans le wagon spécial du général Foch, au carrefour de Rethondes, au milieu de la forêt de Compiègne, à 5h15 du matin du 11 novembre.

Les conditions de cette convention ne laissent aucune marge de négociation à l’Allemagne. Elle sera désarmée et ne pourra se réarmer. Elle livrera 5000 canons, 25000 mitrailleuses, ses avions, ses blindés et toute sa flotte. L’armée allemande sera limitée à un effectif de 100000 hommes, le service militaire sera aboli et le pays n’aura plus droit aux chars, à l’artillerie ni à l’aviation. Elle devra payer des milliards de marks-or pour les réparations. Le pays sera ruiné.

L’armée allemande est sommée d’évacuer sous 15 jours tous les territoires envahis ainsi que l’Alsace-Lorraine.

Cette convention sera ratifiée le 28 juin 1919 dans la galerie des Glaces du château de Versailles (au même endroit où fut proclamé le IIe Reich allemand et où la France avait dû céder l’Alsace-Lorraine en 1871 !).

L’Allemagne, amputée du 8e de son territoire et du 10e de sa population, a toujours considéré ces conditions comme un avilissement et un « coup de poignard dans le dos » et cette expression a été reprise avec ferveur par le peuple humilié. Elle va faire le lit des partis ultranationalistes, dont le parti nazi …

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Déjà une caméra (11 novembre 1918 à Strasbourg) – Document de l’INA

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La population alsacienne accueille les troupes françaises.

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fleche Le saviez-vous ?

Le gaz moutarde ou l’ypérite

Le 22 avril 1915, dans le secteur d’Ypres, sur le front des Flandres, les Allemands emploient pour la première fois des obus au gaz asphyxiant contre les Français et les Britanniques terrés dans leurs tranchées.

A base de chlore, ce gaz sera appelé l’ypérite, d’après le lieu de son premier emploi, ou gaz moutarde d’après son odeur. Cette arme chimique, qui brûle les yeux et les voies respiratoires, sera dénoncée par les conventions internationales. Les allemands y renonceront d’eux-mêmes, non par humanité, mais en raison du risque d’un retour des vents et donc des gaz vers leur propre camp.

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