Dannemarie à travers les âges – Tome II

Que savons-nous du passé de nos petites villes et des villages du Sundgau ? Pas grand-chose ou presque rien… Ou tout simplement, est-ce que la curiosité pour les petites et grandes histoires des habitants de notre région est-il minime ou peut-être inexistante ? Et pourtant, quelle richesse dans la vie de tous ceux qui nous ont précédés. Leur vie quotidienne était bien plus difficile que la nôtre, ils étaient ballotés et malmenés par les vicissitudes de l’Histoire.
Enfermé dans notre bulle protectrice, pouvons-nous imaginer l’insalubrité et le risque de propagation des maladies qui étaient courants à la fin du 18e siècle ? Comment connaître les conditions de vie de nos paysans et citadins sundgauviens de cette époque ?
Je vais vous faire une confidence :
lisez l’ouvrage « Dannemarie à travers les âges », le tome II. Écrit par Laure Stefanczin et Jean-Michel Pfirsch, ce livre est une mine d’informations sur notre passé. Les auteurs ont compulsé une multitude d’archives paroissiales, municipales et départementales, et le résultat est un livre instructif tout en restant attrayant car truffé de nombreuses anecdotes passionnantes.

Petite ville nichée au cœur du Sundgau, Dannemarie est peut-être votre lieu de naissance ou d’habitation ou tout simplement votre lieu de destination pour faire quelques achats ou promenades. Bien que centré sur cette ville, le livre détaille toute une vie de labeur, de « vivre ensemble » dans le quotidien, de querelles entre le conseil municipal et les administrés, de détails croustillants sur petits et grands larcins… le tout sur un fond historique.  Bref, une vie de tous les jours entre 1789 (la Révolution) et 1869 (l’année avant l’arrivée des Prussiens).

viaduc-dannemarieViaduc de Dannemarie – début des travaux : 1860

Je ne résiste pas à vous livrer quelques extraits :

p. 37
« Les cloutiers descendaient des atachiers spécialisés dans la fabrication de petits clous à tête décorée. Sédentaires et assez nombreux, ils durent après la Révolution se cantonner à la fabrication de clous, alors qu’ils réalisaient également auparavant des mors et des éperons. […] Les cloutiers gagnaient assez mal leur vie. L’atelier du cloutier comprenait aussi une forge avec un soufflet actionné par une roue, cette roue était parfois mue par un chien si la maison du cloutier n’était pas située près d’un cours d’eau. »

Le cloutierLe cloutier

p. 45
« Le 4 février 1801, est exposée l’affaire des vols de bois : les délits sont quotidiens et la surveillance des gardes champêtre et forestier n’y suffit plus. Chaque jour, au sein des bois communaux et ceux de particuliers, une soixantaine d’individus il est précisé « de la commune » se font profession de porter du bois deux à trois fois. Ils se rassemblent par dizaines pour couper des arbres et se partagent les parts sans scrupule aucun. En attendant de porter l’affaire en plus haut lieu, la commune prend un arrêté : il sera interdit à tout individu de porter du bois vert dans les rues. De plus, étant donné que certains œuvrent de nuit, une visite au domicile des habitants sera faite afin de vérifier la possession de bois vert. L’hiver 1800/1801 fut pourtant d’une douceur assez exceptionnelle, mais la cherté du bois avait été soulignée. »

p. 83
Afin d’empêcher le retour à un état de malpropreté et d’incommodité dans les rues,
[…] « à Dannemarie, en 1844, la situation est telle que le conseil municipal décide de mesures répressives : Il est défendu aux habitants de jeter par les fenêtres dans les rues et les cours, aucune eau propre ou sale, urines, matières fétides et ordures de quelque nature qu’elles puissent être. Défense est également faite à toute personne de laver du linge, des herbages dans les bassins des fontaines publiques, d’y nettoyer des tonneaux ou autres vases, en un mot on doit éviter de troubler la limpidité des eaux. Les bouchers, charcutiers et tripiers ne pourront plus sous quelque prétexte que ce soit, jeter sur la voie publique les dépouilles, excréments et le sang des animaux qu’ils tuent. »

p. 232
« Le 22 novembre 1858,
Elisabeth Cottet, célibataire, âgée de 32 ans, vient d’être arrêtée à Dijon pour vagabondage et prostitution, elle a été conduite de brigade en brigade jusqu’à Suarce, son endroit natal, où elle se trouve aujourd’hui sans asile et dépourvue de tout, n’ayant plus de parents et étant atteinte de maladie vénérienne pour laquelle on a tellement de répugnance que, malgré que Monsieur le Maire offre de payer, il ne trouve personne dans la commune qui veuille bien donner un asile à cette malheureuse ».

 

Plusieurs communes de la région ont édité des brochures ou des livres sur leur passé. Mais ce livre est un chef-d’œuvre en la matière.
Songez que j’ai également appris que Dannemarie avait une population de 1342 âmes en 1836 et que des habitants exerçaient des professions aussi diverses que cordiers, horlogers, tailleurs d’habits, selliers, médecins, gendarmes, bergers, cabaretiers, vitriers, tuiliers, notaires, huissiers, cordonniers, tonneliers, ainsi que de nombreux journaliers, domestiques ou servantes.

Tome II de la série « Dannemarie à travers les âges » – Du village à la ville bourgeoise
Auteurs : Laure Stefanczyn et Jean-Michel Pfirsch

flecheOù le trouver ?
À Dannemarie : Intermarché – Super U – Il était une fois une librairie – Médiathèque
À Altkirch : librairie Millefeuilles

Dannemarie à travers les âges - tome II

— Dannemarie à travers les âges — tome II – (L. Stefanczyn – J.M. Pfirsch)

 

 

 

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