Altkirch, autrefois

Pour nous les Sundgauviens qui, régulièrement, arpentons les rues et ruelles de cette petite ville, nous pensons connaître tous les bâtiments et belles villas qui font la richesse d’Altkirch. Et peut-être passons-nous à côté d’endroits qui, en 2015, n’évoqueront plus rien pour nous.

Replongeons-nous dans le passé. Nous savons tous que l’origine de cette ville remonte au 13e siècle, lorsque les habitants du hameau autour du couvent de Saint-Morand, après l’incendie de leurs maisons, se réfugièrent sur la colline et se mirent sous la protection du château des comtes de Ferrette (château qui se trouvait sur la butte). Encadrée par les remparts, la citadelle avait quatre tours et trois portes. Actuellement, ne subsistent que trois tours et une porte, la « Vieille Porte », jadis nommée « Porte de Belfort ».

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Promenade dans les rues en 1824

Reportons-nous en 1824. Cette année, les rues sont réalignées, avec de nouvelles constructions après démolition de maisons de la vieille citadelle.
Mettons-nous à la place d’un visiteur de cette époque et promenons-nous dans Altkirch en 1824.
Prenez la rue du Château : l’école primaire est dans un immeuble de l’ancien château, nous voyons les anciennes murailles et remparts, le grand donjon, la tour des sorcières et l’esquisse de la nouvelle église.
La maison où se situe actuellement le musée sundgauvien appartenait à Alexandre Cordioux.
En allant dans la rue des Écoles, nous longeons l’ancien presbytère, les prisons et le collège (qui était l’ancienne officialité des Évêques de Bâle).
Suivez-moi dans la rue de France (anciennement rue de la Poste aux Chevaux) : au coin vers le pont de l’Ill (Rotbrücke) tourne le moulin à 3 roues à aubes de Joseph Nansé.

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Dans la rue des Moulins, nous côtoyons la tannerie de Antoine Lehmann, le moulin à 3 roues à aubes de Jean Eicher et le moulin à 2 roues à aubes de Joseph Brunner.
Près de la place au marché au bétail (place X. Jourdain), il y a la porte Neuve de l’ancienne citadelle et la maison des demoiselles Marion ainsi que le « Kuttenturm ».

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En passant par la rue des Trois Rois, regardez la tour de Dominique Rolla, père, (tour Bloch) et l’ancienne synagogue de la communauté israélite. Si vous montez la rue de Ferrette, vous verrez la nouvelle synagogue.
Passez par la rue du Roggenberg et la rue Traversière (anciennement rue de la Boucherie), vous apercevrez le bâtiment de l’abattoir construit en 1794.

 

Le temps passe… 
Construite en 1845, la nouvelle église paroissiale se situe à l’emplacement de l’ancien château où il ne reste plus que trois bâtiments entre le grand donjon et la tour des sorcières. L’ancienne église a été démolie, dégageant ainsi la place de l’Hôtel de Ville. En 1857,  on y construira la fontaine avec la flèche gothique et la statue de la Vierge provenant de l’ancienne église.

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Devant la Porte Neuve, on construit la Halle au Blé en 1843, sous l’égide du maire Pflieger.

Avec la construction du chemin de fer en 1858, plusieurs chantiers se suivront : le lotissement du « Hannesfeld » entre la voie ferrée et l’Ill, la construction du temple protestant en 1879, la série de maisons de l’actuelle rue Gilardoni, maisons construites en partie sur le « Mutschebaechle » qui se déverse dans l’Ill au pont de la Gare…

 

Pendant la période allemande (après 1870), Altkirch devient le chef-lieu d’arrondissement (Kreishaupt-stadt). On construit le tribunal d’instance sur la place de l’Hôtel de Ville en 1887 et en 1889, le nouveau lycée est bâti sur le glacis du château, sous l’égide du maire Hannès.

N’oublions pas les constructions le long de la rue du Givet (ancien chemin de Saint-Morand) avec l’atelier de constructions métalliques « Gresser » et les ateliers de menuiserie « Schroth ».

En 1912, les nouveaux abattoirs de la ville sortent de terre et en 1926 sont érigés les bâtiments de la ferme Nussbaumer avec l’église mennonite. Puis est achevé le quartier vers le Roggenberg avec la brasserie de Maurice Higelin, la fabrique de poêles en faïence de Nansé-Winter et Hanser.

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Le centre des écoles primaires, rue de Ferrette, est construit à la place des bâtiments de la tuilerie Gilardoni. Gilardoni utilisait la marne et la terre glaise affleurant au sud de la ville et fut l’inventeur de la tuile mécanique.

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Au bas de l’Illberg, la nouvelle route vers Carspach partant du Pont Rouge (Rotbrücke) en prolongement de la rue de France, a permis la construction de ce quartier avec la nouvelle usine de tissage Jourdain.

L’extension de la ville vers l’ouest comprend le nouveau quartier du faubourg de Belfort, dans le lieu-dit « Niedere Steine » avec la nouvelle scierie Schroth, la ferme Gilardoni exploitée par Kauffmann, sans oublier l’usine à gaz construite en 1877.

De l’autre côté de la voie ferrée, la route passant sous le pont du chemin de fer bifurque à droite vers Mulhouse et à gauche vers Thann, où fut construite en 1925-1928 l’usine de Chaux et Ciments, utilisant la pierre calcaire des carrières toutes proches. Elles étaient exploitées jadis par les tailleurs de pierre, fournissant la pierre de taille utilisée dans beaucoup de bâtiments de la région.

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Finalement, on constate que, malgré les guerres, l’évolution de la ville a été considérable, grâce à sa position centrale dans le sud du Sundgau, son rôle politique comme chef-lieu d’arrondissement, mais surtout grâce à la présence de nombreux artisanats et industries.

 

Informations tirées de l’annuaire de la Société d’Histoire Sundgauvienne – 1990
Illustrations : Altkirch, vue générale, d’après Ch. Grad + carte postale et « Altkirch et le Sundgau » cliché R. Jung, collection Musée Sundgovien d’Altkirch

 

 

 

 

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